The Tree of Life

The Tree of LifeAutre réalisateur, autre rythme de production. Terrence Malick nous livre ici son cinquième long métrage en presque trente ans. Le moins que l’on puisse dire c’est que ce film n’est pas facile à aborder et au vu des réactions dans la salle quand j’ai été le voir ne fait pas l’unanimité.

Avant de parler du contenu, parlons de la forme. Le film alterne des scènes narratives avec des scènes plus métaphoriques. Ce sont ces dernières qui posent le plus de problème vis à vis d’une certaine frange du public. Même si la forme peut faire penser à des films comme Enter the Void, on est très loin de la torture visuelle qu’a pu être ce dernier.

Non, The Tree of Life est servi par une photographie magnifique. Rien que pour ça, ce film mérite d’être vu. Le choix de la musique, tel que le Lacrimosa de Zbigniew Preisner sublime ces images.

L’histoire, maintenant. Double thématique à travers celle de l’acceptation de la perte d’un fils/frère (suivant le point de vue du personnage adopté) et de l’acceptation de la vie telle qu’elle nous est donnée. La réponse donnée est dans les deux cas religieuse voire mystique.

Le cœur de la partie narrative de l’histoire se passe dans le Midwest des années 50. On suit Jack, plutôt bien interprété par Hunter McCracken, qui au delà de la première impression d’enfance heureuse, montre une réelle difficulté à accepter l’attitude de son père vis à vis de lui et du reste de sa famille. C’est cette perte d’insouciance et rébellion qui est dépeinte. Brad Pitt interprète le rôle du père avec des tics et une attitude qui le transforment complètement. Le rôle de la mère presque naïve et respirant la joie de vivre est tenue par Jessica Chastain.

Ce film n’est pas facile d’accès du fait de ses segments métaphoriques pas toujours évident à décrypter et de leur présence assez tôt dans le film avant la principale partie narrative. Mais il est brillamment interprété et réalisé. J’en suis sorti conquis, avec l’envie de creuser la signification pour vérifier ce que j’en avais compris et comprendre ce qui ne l’était pas après une première vision.

Publicités

Glourious Tarantino

Un nouveau film de Quentin Tarantino est pour moi un évènement. Tout d’abord parce que je le classe parmi les plus grands réalisateurs en activité et d’autre part la fréquence de ses films n’est pas énorme.

Nouveauté dans le cinéma de Tarantino, un film historique. En fait, non, le mot est très mal choisi. Il s’agit plutôt d’un film se déroulant dans un contexte non contemporain. A aucun moment Tarantino a cherché a respecter une quelconque réalité historique. En chercher une dans ce film serait une erreur. Néanmoins l’effort est fait pour que l’on croit à ces décors, à ces costumes.

Le choix des acteurs ne laisse rien au hasard. La distribution et la direction d’acteurs est parfaite. Brad Pitt que j’avais déjà trouvé génial dans des films comme Burn After Reading fait encore ici du très bon travail. Mélanie Laurent livre, elle aussi, une très bonne interprétation, en français uniquement. Je pourrai citer d’autres acteurs connus et très bine dirigés jouant dans ce film, mais la prestation la plus remarquable est celle de Christop Waltz. Cet acteur, peu connu, a été récompensé au dernier festival de Cannes pour cette interprétation. Son rôle est déjà compliqué par le fait qu’il doit parler français, anglais, allemand et italien. De plus son personnage est vraiment très convainquant. Une réussite de ce film.

Venons-en au film, lui-même. Tout d’abord, si la dose de violence des précédents films de Tarantino vous a choqué, je crains que ce soit aussi le cas pour celui-ci. Ce n’est pas plus intense que les précédents mais guère moins. Tarantino a dit qu’il voulait que ce film soit autant un film de guerre qu’un western spaghetti. Et c’est tout à fait ce que l’on ressent. Comparativement à ses précédents films, je trouve que ce film est vraiment drôle, tonalité que je n’avais pas trop ressentie dans les précédents. On est ici dans un humour que je pourrai rapprocher à celui de Fargo. Ce sont les personnages qui sont risibles, la manière de présenter les choses qui ne se prends pas au sérieux. Autre différence : le rythme de narration. On a ici un déroulement de l’action beaucoup plus linéaire et moins sacadé que dans les précédents films. On pourra cependant reprocher l’utilisation de chapitrage (déjà utilisé dans Kill Bill par exemple), qui est, je trouve, une solution un peu facile pour faire des bonds dans le temps.

La bande son est comme toujours très soignée. On retrouve beaucoup de morceaux d’Ennio Morricone qui collent parfaitement à l’ambiance, ainsi que d’autres morceaux plus Rock ‘n’ Roll.

Voilà ce film m’a totalement convaincu. La magistralité du cinéma de Tarantino poussé encore plus loin.